- Par Samir DERGHAL
- Le 06/10/2010, 03:00
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Avant-première du film Z’har de Fatma Zohra Zamoum : Un audacieux pari
Pour un assai qui s’apparente à un film expérimental, Fatma Zohra Zamoum n’a pas pour autant démérité.
Disons-le d’emblée, au-delà du fait que l’on comprenne la difficulté de la réalisatrice et son souci d’expliquer d’une part son parcours de combattante et d’autre part de justifier, l’insert de ces images, le résultat reste laborieux surtout au regard du reste, la partie filmée au studio, qui nous a donné à voir de quoi est capable cette cinéaste.
Il y avait foule lundi à la salle El Mouggar pour l’avant-première du film Z’har de Fatma Zohra Zamoum. Ce n’est pas tout les jours qu’une telle opportunité s’offre aux cinéphiles alors, l’heure et à la découverte du travail de Fatma Zohra Zamoum mais aussi des retrouvailles entre professionnels du cinéma, faute disent-ils d’un autre lieu de rencontre.
Prenant la parole pour la présentation de son film, Fatma Zohra Zamoun a tenu à préciser qu’elle a réalisé son film Z’har sur ses propres fonds, comprendre qu’elle y tenait tellement à son projet qu’elle était contrainte de le produire en raison de l’absence de financement. Tout n’est pas dit et c’est un des comédiens du film qui se chargera de faire part à l’assistance des difficultés de tournage, des conditions de travail difficile, surtout des comédiens, sensés jouer dans différents décors alors que tout s’est déroulé dans un petit studio. Il demandera alors au public d’être compréhensif et indulgent…
Le titre du film Z’har prend alors une autre connotation. La chance que n’a pas eue la réalisatrice Fatma Zohra Zamoum se transforme en défi, en un pari audacieux. Produire le film coute que coute même en absence de moyens. Forcément, l’idée première du film change. Les images de repérages, nécessaires à la préparation d’une production filmique, intègrent alors la fiction, se mêlent à l’histoire d’une Algérie des années 90, en butte avec la violence islamiste.
C’est la première astuce que trouve Fatma Zohra Zamoum pour franchir les obstacles liés à la production de son film. Disons-le d’emblée, au-delà du fait que l’on comprenne la difficulté de la réalisatrice et son souci d’expliquer d’une part son parcours de combattante et d’autre part de justifier, l’insert de ces images, le résultat reste laborieux surtout au regard du reste, la partie filmée au studio, qui nous a donné à voir de quoi est capable cette cinéaste.
Des qualités avérées de mise en scène et de direction d’acteurs alors qu’il s’agissait là d’un travail très compliqué et rendu ardu en raison des difficultés de tournage justement. Il fallait faire preuve d’ingéniosité et de savoir-faire et Fatma Zohra Zamoum l’aura prouvé tout le long de cette intrigue qui met en scène ses trois personnages pris dans la tourmente d’une Algérie qui se déchire sur fond de violence. Il y’a Alia, photographe à Paris, qui doit se rentre à Constantine au chevet de son père malade et qui se retrouve embarquée dans une aventure à Tunis dans un Taxi en partance vers l’Algérie avec à son bord, Chérif, un écrivain qui apprend sa propre mort dans un journal algérien et le chauffeur de taxi, citoyen lambda qui rêve d’une vie meilleur et qui finit par la voir dans les beaux yeux de Alia. Trois personnages perdus dans l’immensité du drame algérien, pris dans un tourbillon, incapables de changer d’un iota leur destin.
Des dialogues décalés créent des situations hilarantes. Judicieuse parabole d’un contexte dramatique où les personnages se démènent à la quête d’un monde normal, humain.
Z’har n’est pas sans nous rappeler l’excellent « Dogville », un film de Lars Von Trier avec Nicole Kidman comme héroïne. Le réalisateur utilise un plateau pour représenter une ville. Un décor minimum pour raconter l’histoire d’une fille qui se réfugié à Dogville. La comparaison s’arrête là. Dogville a une dimension artistique de haute facture.
Un modèle des possibilités qu’offrent le talent d’un cinéaste. Pour un assai qui s’apparente à un film expérimental, Fatma Zohra Zamoum n’a pas pour autant démérité.
Abdelkrim.T
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